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Tournage et drone à Monaco : les autorisations

Tout tournage en Principauté demande une autorisation, à solliciter auprès de la Direction de la Communication au moins 15 jours à l’avance. Un drone y ajoute un agrément et une autorisation de vol de la Direction de l’Aviation Civile.

Par Leo de Bruyn, fondateur d’InStudio

Photo au drone d’une maison blanche de trois niveaux en chantier sur des terrasses en pierre, en Ligurie, avec deux pelleteuses, un tas de gravier et deux voitures dans la cour, et des oliviers sur la colline derrière

Peut-on tourner à Monaco, et y faire voler un drone ? Oui, à condition de le demander à l’avance, et pas au même service : la Direction de la Communication pour le tournage, la Direction de l’Aviation Civile en plus pour le drone. Voici ce que disent les pages officielles, lues le 20 octobre 2026, et ce que cela change pour une marque qui prépare un tournage. Cet article ne concerne que Monaco.

L’autorisation de prises de vues

La règle tient en une phrase : « Tout tournage en Principauté doit faire l’objet d’une demande d’autorisation » (MonEntreprise, mise à jour du 15 avril 2026). La demande s’adresse à la Direction de la Communication et se fait en ligne depuis cette page : vous recevez un accusé de réception, puis l’autorisation par e-mail. Il faut une demande par type de prises de vues (photo, vidéo, film). Le formulaire papier, daté d’avril 2026, reste accepté.

Le formulaire demande la société réalisatrice, le diffuseur ou l’usage prévu, un responsable, les noms et fonctions de l’équipe, le matériel, le type et l’immatriculation des véhicules, le genre, le sujet et la date du reportage, et le recours éventuel à un drone. Le Département de l’Intérieur, destinataire des informations, consulte les services concernés avant de délivrer l’autorisation.

Les délais

  • Autorisation de prises de vues : au moins 15 jours avant le début du tournage. Un dossier incomplet n’est pas traité dans ce délai.
  • Film de fiction (télévision ou cinéma) tourné en tout ou partie en Principauté : une version complète du scénario, en français, un mois avant le début du tournage.
  • Changement de programme : selon le formulaire, toute modification fait l’objet d’une nouvelle demande d’autorisation.
  • Chaque vol de drone : une autorisation préalable, à demander à la Direction de l’Aviation Civile au moins huit jours ouvrés avant la date du vol (arrêté ministériel n° 2021-532, article 15).
  • Agrément de l’exploitant du drone : la page officielle n’indique aucun délai d’instruction.

Voie publique, radio et redevance

Le formulaire demande aussi, lieux, dates et horaires à l’appui, si le tournage nécessite des dégagements de stationnement, des coupures de circulation, des mesures pour contenir le public ou des installations fixes sur le domaine public. Une occupation prolongée de certains lieux ou rues peut donner lieu au paiement d’une redevance d’occupation du domaine public de l’État. Ni la page ni le formulaire n’en donnent le montant.

Les réseaux radioélectriques temporaires (SNG, caméras HF, moyens de communication radio) demandent une autorisation préalable de la Direction des Plateformes et des Ressources Numériques, selon sa propre procédure.

Le Palais et la Société des Bains de Mer

Le formulaire demande si vous comptez filmer la place du Palais Princier. Dans ce cas, il faut préciser le jour et l’heure : une seule journée, sur un créneau de deux heures au maximum. La relève de la Garde a lieu tous les jours à 11 h 55. Et le formulaire est net sur un point : pas d’interviews ni de plateaux sur la place du Palais.

Le Casino, la place et les jardins du Casino, One Monte-Carlo, le Café de Paris, l’Hôtel de Paris, l’Hermitage, le Monte Carlo Beach et le Sporting appartiennent au groupe Monte-Carlo Société des Bains de Mer. Pour ces lieux, la page renvoie vers la SBM, qui a ses propres contacts pour la presse et pour les demandes commerciales (films, publicités, images promotionnelles).

Faire voler un drone : trois autorisations

1. L’agrément de l’exploitant. Toute personne, physique ou morale, qui exploite un aéronef télépiloté de plus de 100 grammes doit être titulaire d’un agrément délivré par le Directeur de l’Aviation Civile. Il liste les télépilotes et les appareils autorisés, et il est valable un an (fiche MonEntreprise sur l’agrément drones, mise à jour du 20 mars 2023). Le dossier se dépose sur la plateforme Flysafe, et l’agrément est délivré après paiement des droits fixés par l’arrêté ministériel n° 2021-788. Le dossier comprend notamment les pièces d’identité, un extrait d’immatriculation de la société, la description technique de chaque appareil, la documentation du parachute pour les drones de plus de 700 grammes, un signalement électronique compatible avec le système d’identification monégasque, l’assurance responsabilité civile, la licence ou l’attestation d’examen théorique du télépilote, et un manuel d’activités particulières (sécurité, vérifications avant vol, protection des tiers).

2. Une autorisation pour chaque vol. L’arrêté ministériel de 2021 le dit sans détour : « L’obtention de l’agrément ne vaut pas autorisation de vol » (article 10). Chaque vol fait l’objet d’une autorisation préalable, demandée au moins huit jours ouvrés à l’avance, sous peine d’irrecevabilité (article 15).

3. L’autorisation de prises de vues, complétée. Pour un tournage aérien, la demande comprend en plus une attestation d’assurance, un descriptif technique, le manuel d’activités particulières, le certificat de qualification du télépilote, la description des zones survolées avec les horaires et le plan de vol, la zone de décollage et d’atterrissage avec son périmètre de sécurité, et une lettre de mission ou un justificatif du donneur d’ordre et de l’organisateur s’ils sont différents. Ces pièces peuvent être en français ou en anglais, et la société réalisatrice doit être enregistrée auprès de la Direction de l’Aviation Civile.

Le même arrêté fixe des règles qui pèsent sur le plan de tournage :

  • vols en vue directe uniquement (article 8) ;
  • pas de vol de nuit, sauf dérogation du Directeur de l’Aviation Civile (article 9) ;
  • pas de motorisation thermique (article 7) ;
  • pas de survol du Palais Princier ni de la place du Palais sans autorisation du Ministre d’État (article 4) ;
  • pas de vol à moins de 150 mètres des limites de l’héliport sans autorisation du Directeur de l’Aviation Civile (article 5).

Le Ministre d’État peut enfin interdire les vols sur des zones et des périodes définies, lors d’événements importants ou sensibles (article 6). L’arrêté ministériel n° 2025-183 l’a fait sur tout l’espace aérien de la Principauté du 6 au 8 juin 2025, à l’occasion du Blue Economy and Finance Forum.

Et un petit drone de loisir ? L’arrêté ne s’applique pas aux aéromodèles, c’est-à-dire aux appareils utilisés exclusivement pour le loisir ou la compétition, sans module de géolocalisation et de moins de 100 grammes. Un drone qui filme pour une marque ne répond pas à cette définition.

La fiche sur l’agrément date de mars 2023 : faites confirmer les détails à jour par la Direction de l’Aviation Civile.

Ce que cela change pour une marque

Commencez par le drone : si la société qui le fait voler n’a pas encore d’agrément monégasque, c’est la seule étape sans délai publié, donc la première à vérifier.

Comptez ensuite à rebours depuis le jour du tournage : 15 jours pour la demande de prises de vues, huit jours ouvrés pour chaque vol. Arrêtez les lieux, les dates, l’équipe et les véhicules avant de déposer le dossier, puisque toute modification vaut nouvelle demande.

L’autorisation de l’État n’ouvre pas les portes des lieux privés. Une terrasse d’hôtel, une résidence, une boutique ou un bateau supposent l’accord de leur propriétaire ou de leur gestionnaire, à obtenir à part, de préférence par écrit. Pour les tournages publicitaires, le formulaire le rappelle : les responsables doivent recueillir l’accord préalable des personnes physiques et morales impliquées.

Si l’équipe utilise des caméras HF, un car SNG ou des moyens de communication radio, ajoutez la demande radio. Et vérifiez qu’aucun arrêté n’interdise les drones à vos dates, surtout autour des grands événements.

Notre façon de travailler

Nous organisons la logistique des tournages avec nos clients : repérages, inventaire des demandes, dossiers préparés avec la production et l’exploitant du drone, planning calé sur ces délais. Rien sur le plan de tournage n’est acquis avant l’arrivée de l’autorisation. Notre page création de contenu en dit plus, et vous pouvez nous écrire avec vos dates.

La photo au drone en tête d’article vient de notre travail pour Engel & Völkers Genova, en Ligurie. Ce tournage a eu lieu en Italie, sous d’autres règles que celles décrites ici.

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